Les copains,

Il était une fois un cerveau, un cerveau brillant, curieux, passionné, capable d’analyser la géopolitique mondiale en même temps qu’il calcule si la file d’attente à la caisse numéro 3 va plus vite que la numéro 5 ( spoiler : non, il a choisi la mauvaise, comme toujours ). Ce cerveau, c’est le tien, le mien, celui de tout être humain qui navigue dans ce monde avec un passeport Asperger tamponné quelque part dans son système nerveux.

Et ce cerveau-là, mes chers camarades du spectre, il a besoin… non, il exige… des moments de solitude. Pas parce qu’on est des ermites asociaux qui parlons aux plantes ( enfin, peut-être un peu ), Mais parce que la solitude, c’est notre carburant premium, notre recharge solaire, notre spa cinq étoiles sans queue d’attente ni musique d’ambiance agaçante.

Tu me suis mes tourterelles ?

– Ouaip. Mais dis voir Katia, pourquoi vos cerveaux sur traitent tout ?

Mes petits bolides, faut juste savoir que le cerveau Asperger est un processeur extraordinaire. Là où le cerveau neurotypique filtre automatiquement les informations jugées  » non pertinentes « , le nôtre, lui, enregistre absolument tout. La texture du pull, la légère dissonance dans la voix de quelqu’un qui dit « ça va » alors que visiblement non. Le néon qui clignote toutes les 23 secondes. L’odeur du café du voisin. Le fait que la conversation de groupe vient de prendre un virage que personne n’a signalé.

C’est ce qu’on appelle le traitement sensoriel et cognitif intensif. En termes moins académiques, notre disque dur est en copie constante d’une quantité astronomique de fichiers, et à un moment donné, souvent vers 17h un jeudi, il affiche le fameux message d’erreur : « Espace insuffisant, redémarrage recommandé ».

Voilà donc l’invitation que je te lance aujourd’hui, chèr(e) Aspie : cessons de nous excuser de nos besoins, cessons de chercher des alibis ( j’ai un truc, je suis fatigué(e), mon chat a la grippe ) pour justifier qu’on n’est pas venu à l’événement dont le seul attrait était de nous épuiser.

Nos besoins de solitude ne sont pas un défaut de fabrication, ils sont la preuve que notre système nerveux est honnête, qu’il dit la vérité sur ce dont on a besoin dans un monde où tout le monde simule en permanence, c’est presque une forme de sagesse.

Alors programme ta solitude sans complexe, défends-la, savoure-la, mets ton phone sur silencieux, éteins les notifications, ferme la porte et offre à ton cerveau extraordinaire le cadeau qu’il mérite : du calme, du vide créateur et la permission d’être exactement ce qu’il est.

Waouh, bon sang, gros dossier ce matin ! J’vais m’coucher !

C’était Katia en direct du JDA GIRL NEWS !


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4 réponses à « Éloge de la solitude »

  1. Avatar de Gibee

    Après un article comme celui-ci, mon cerveau est en surchauffe hihi
    Il n’a plus l’habitude de fonctionner à plein régime, il se fait vieux tu sais.
    Je ne suis pas équipé d’un supercalculateur, beaucoup de choses m’échappent.
    Est-il possible de le débrancher ? Comment faire ?

    Aimé par 1 personne

    1. Avatar de Katia

      Eh ! Eh ! 😁 Eh bien comme je l’ai dit, chacun fait comme il peut et l’essentiel est de rester soi-même. So, no stress et l’essentiel est que tu aies eu plaisir malgré tout à lire mon petit pavé ( malheureusement pas pâté ). Pas encore, quoi… et que tu aies eu plaisir à le manger. Pardon, à le lire. Hi ! Hi ! Hi !

      Belle journée à toi Gibouille et merci pour ton com !

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  2. Avatar de wisecheerfully5a4e91e3bb
    wisecheerfully5a4e91e3bb

    Je m’étais levée de bon pied et bon oeil, je me trouvais remplie de courage matinal mais après avoir lu et relu que la solitude c’est parfois le must d’une journée, et bien je crois que je fais également aller me recoucher. Bon, quand même pas mais je dois avouer que parfois, les cris braillards des enfants, les discussions stériles sur la couleur du ciel, l’amant présumé de la voisine du troisième alors que je suis tranquillement assise face a la mer, les pétarades bruyantes des mobylettes sensées mettre en émoi l’adolescente pré-pubère, les aboiements intempestifs de deux cabots qui se rencontrent et qui se discutent du bout de gras des uns et des autres, comment dire : Vos gueules les mouettes en plus ! Tu as deviné que moi aussi il me faut du calme, pas de bruit à t’envahir les écoutilles, monsieur Quiès, vive vous !

    Aimé par 1 personne

    1. Avatar de Katia

      Eh ! Eh ! J’ai toujours plaisir à lire tes commentaires Doudou. On y découvre beaucoup d’expériences et c’est très rigolo. Quelles anecdotes !

      Bon, en tout cas, tu auras compris qu’aujourd’hui on décompresse. J’avais envie de cela. Et puis ça fait du bien. Wouh ! Wouh ! Merci pour ta lecture et ta venue.

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Journal d’une Asper’Girl

Le blog vitaminé d’une Asperger un peu décalée mais tellement attachante.

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