Les copains,

Toujours en recherche, mon neurone a cherché à comprendre d’autres mécanismes liés à l’autisme. Je ne me suis pas penchée sur celui de Kanner, que je connais moins, mais sur le syndrome d’Asperger qui est celui dans lequel je me trouve. Voici ce qu’il en est ressorti.

Introduction

Le syndrome d’Asperger, classé dans les troubles du spectre de l’autisme ( TSA ) sans déficience intellectuelle ni retard de langage, est caractérisé par un profil neurodéveloppemental singulier. Si les recherches se sont longtemps concentrées sur les dimensions sociales et communicationnelles, un intérêt croissant se porte aujourd’hui sur les particularités sensorielles, souvent décrites par les personnes concernées comme centrales dans leur expérience quotidienne.

De nombreuses études qualitatives et quantitatives font état d’une hypersensibilité ou hyposensibilité à divers types de stimuli : bruits soudains, textures, lumière vive, contact physique ou encore odeurs fortes. Dans mon cas, tous ces stimuli sont en action par exemple. Ces différences sensorielles, bien que parfois invisibles, peuvent entraîner un stress chronique, des troubles de la régulation émotionnelle, voire des comportements d’évitement ou de retrait. Elles influencent profondément la manière dont les personnes Asperger interagissent avec leur environnement.

Sur le plan neurobiologique, ces altérations perceptives pourraient s’expliquer par un fonctionnement atypique des circuits corticaux sensoriels et une modulation différente de l’attention et de l’intégration multisensorielle. Des avancées récentes en imagerie cérébrale et en neurophysiologie ont permis de mettre en évidence des modulations anormales dans le traitement précoce et tardif des signaux sensoriels, posant les bases d’une compréhension plus fine du lien entre cerveau et perception autistique.

Dans ce contexte, il devient essentiel de mieux comprendre les mécanismes neurophysiologiques sous-jacents à ces réponses sensorielles atypiques, non seulement pour affiner notre compréhension du syndrome d’Asperger, mais aussi pour développer des outils technologiques, thérapeutiques ou éducatifs adaptés. Ces innovations, qu’elles soient d’ordre matériel ( vêtements sensoriels, casques anti-bruit intelligents ) ou numérique ( réalité virtuelle, IA prédictive ), pourraient contribuer à améliorer significativement la qualité de vie des personnes concernées.


Le traitement atypique des stimuli sensoriels chez les personnes Asperger : de la neurophysiologie à l’innovation technologique


I. Fondements neurobiologiques de la perception sensorielle atypique

A. Le traitement sensoriel dans le cerveau neurotypique

  • Structures cérébrales impliquées ( cortex sensoriel primaire, thalamus, aires associatives )
  • Modulation de l’attention et traitement top-down vs bottom-up

B. Altérations observées chez les personnes Asperger

  • Données d’IRMf, EEG, TEP : réponses accrues ou atténuées à certains stimuli
  • Hypothèse d’un « filtre sensoriel » défaillant ou hyperactif
  • Rôle du thalamus et de la connectivité interhémisphérique

C. Intégration multisensorielle et surcharge cognitive

  • Difficultés à intégrer plusieurs modalités sensorielles simultanément
  • Liens avec les troubles de l’attention, l’anxiété, les comportements d’évitement

II. Conséquences comportementales et psychosociales des troubles sensoriels

A. Manifestations cliniques et écologiques

  • Hypersensibilité ( bruits, lumières, contacts physiques )
  • Hyposensibilité ( insensibilité à la douleur, recherche de stimulations fortes )
  • Intolérance à l’imprévu sensoriel

B. Impacts sur le quotidien et les relations sociales

  • Isolement, évitement des lieux publics, crises en environnement non maîtrisé
  • Influence sur la scolarité, l’emploi, la vie sociale

C. Adaptations spontanées ou apprises

  • Routines sensorimotrices ( flapping, balancements )
  • Stratégies compensatoires : objets sensoriels, vêtements adaptés, écoute filtrée

III. Vers une approche technologique et thérapeutique des particularités sensorielles

A. Innovations matérielles

  • Vêtements compressifs, casques anti-bruit dynamiques, lunettes à filtre sensoriel
  • Tissus sensoriels intelligents et biofeedback

B. Technologies numériques d’aide à la régulation

  • Réalité virtuelle immersive pour la désensibilisation progressive
  • Applications de régulation émotionnelle sensorielle (guidage visuel ou sonore)

C. Intelligence artificielle et prédiction de surcharge

  • Capteurs portables analysant les signaux physiologiques ( rythme cardiaque, sudation )
  • IA prédictive pour alerter l’utilisateur ou les aidants en cas de surcharge imminente
  • Intégration dans les dispositifs d’accompagnement ( TSA connectés )

Conclusion

  • Synthèse des enjeux scientifiques et humains
  • Nécessité d’approches pluridisciplinaires ( neurosciences, ingénierie, design, psychologie )
  • Appel à un changement de paradigme : voir dans les différences sensorielles non pas un handicap à compenser, mais un mode de perception à comprendre, protéger et parfois valoriser.

C’était Katia en direct du JDA’Girl News !

Illustration Katia – Journal d’une Asper’girl


En savoir plus sur Journal d'une Asper'Girl

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

8 réponses à « Les sentinelles du subtil »

  1. Avatar de Trublion
    Trublion

    des précautions à prendre pour tenir compte de l’ hyper-sensibilité, mais aussi, savoir profiter des dons précieux dont sont pourvus ces personnes !
    Merci à toi
    Bonne journée
    bises

    J’aime

    1. Avatar de Katia

      Yeah !!! Merci Pierre-Édouard !

      Pierre-Édouard, Président ! Pierre-Édouard, Président !

      Belle journée à toi aussi et merci pour ta venue !

      J’aime

  2. Avatar de Gibee

    La science progresse, et les nouvelles technologies encore plus rapidement.
    Je suis persuadé qu’il y aura encore de nombreuses innovations pour mieux comprendre ce trouble.
    De plus l’IA sera de plus en plus performante.
    C’est tellement complexe.
    Bonne journée bizh

    J’aime

    1. Avatar de Katia

      Je vais travailler sur un sujet qui montrera comment un état autistique peut varier selon qu’il est positivement stimulé et inversement. C’est très intéressant. Je vais donc moi aussi faire ma scientifique. Hick ! 🥴

      J’aime

  3. Avatar de Doudou
    Doudou

    Ouah, c’est grave docteur j’ai tout cela dans mon malheureux neurone ??? Hélas, encore aujourd’hui un autiste est trop souvent considéré comme un asocial notoire, parfois même bipolaire. Je n’aime pas non plus qu’on me colle telle l’huître sur son rocher, je n’aime pas non plus qu’on m’oblige à écouter la discordance des sons, je n’aime pas non plus me trouver dans l’obligation de sentir un vêtement ou un plat ou un parfum qui heurtent mon sens de l’olfaction… Pourtant je ne me sens pas autiste mais l’enfant qui ressent tous ces symptômes est jugé comme ‘’ pas normal ‘’ par la bienpensante société. A-t-on pris le temps, les moyens de l’interroger sur ses émotions, ses ressentis, ses douleurs d’être, ses multiples interrogations ? Je n’ose penser à tous les écueils mis sur ton chemin de vie par toutes celles et ceux qui ont trop souvent pensé de toi, elle n’est pas normale cette gosse. Bravo encore pour tout ce que tu nous enseignes sur un symptôme qui un jour t’as faite comme tu te présentes aujourd’hui.

    J’aime

    1. Avatar de Katia

      Quel beau commentaire encore une fois ! Bravo Doudou ! Tes réflexions sont profondes et j’aime cela.

      J’aime

  4. Avatar de annielamarmotte

    Copieux mais on va s’appliquer

    J’aime

    1. Avatar de Katia

      Ça va le faire ! 😃

      J’aime

Répondre à Doudou Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Journal d’une Asper’Girl

Le blog vitaminé d’une Asperger un peu décalée mais tellement attachante.

Mai 2025
L M M J V S D
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031  

Lets connect

Saisis ton adresse e-mail pour recevoir la Newsletter.

À LA UNE !